Marion Biasotto a suivi la formation d’Auxiliaire de Santé Animale option Animaux sauvages avec l’IFSA. A la suite d’un stage, elle a été embauchée en CDD renouvelable en tant que soigneur animalier à la Maison des Loups en Ariège.

marion biassoto formation auxiliaire de santé animale option animaux sauvages

Bonjour Marion, pouvez-vous vous présenter ?

Bonjour, j’ai 20 ans et je suis originaire de Toulouse.

Quel a été votre parcours ?

La passion des animaux est ancrée en moi depuis toujours ! Cette passion m’a été transmise par ma maman : je suis convaincue depuis mon enfance que mon avenir professionnel est lié au domaine animalier et plus particulièrement à la protection animale, en m’inspirant des plus grands icônes du domaine animalier, notamment Kévin Richardson* ou Florence Ollivet-Courtois** !

A la base, je voulais devenir vétérinaire et parcourir les réserves du monde entier pour venir en aide à la faune sauvage. Après avoir eu de nombreux échanges avec des professionnels via les stages au cours de mon apprentissage professionnel, j’ai pu me faire ma propre image du métier de vétérinaire. Et je me suis rendue compte que son rôle auprès de la faune ne correspondait pas du tout au type de relationnel que je chercher à développer avec les espèces animales.

Je me suis donc concentrée sur le métier de soigneur animalier, qui correspond complètement à mon projet professionnel.auxiliaire sante animale asa

Vous avez fait des études ?

Oui, après le lycée, j’ai suivi un Brevet de Technicien Agricole (BTA) Gestion de la Faune sauvage.

Durant ces deux années de formation, j’ai acquis des bases concernant les classifications animale et végétale (qui sont étroitement liées), la connaissance de la biologie des espèces et des écosystèmes au sein desquels elles évoluent, les relations intra-spécifiques et inter-spécifiques entre espèces et tout le côté juridique concernant l’environnement (textes de lois, conventions…).

La mission principale de la formation Soigneur Animalier consistait donc à être activement impliquée dans la préservation de la biodiversité. J’ai ainsi pu enrichir mes connaissances sur l’objectif de régulation des populations animales sauvages, permettant de concilier activités humaines et vie sauvage. Ce qui m’a appris la réelle importance de la pratique de la chasse, activité aujourd’hui essentielle au bon maintien de l’équilibre naturel.

Puis vous êtes allée sur le terrain ?

Oui, j’ai fait de nombreux stages pendant ces deux années : dans des élevages, des réserves naturelles, des parcs nationaux… Ainsi qu’une collaboration avec l’INRA, section Comportement et Ecologie de la Faune Sauvage.

J’ai eu l’occasion de participer à l’élevage et l’étude comportementale de chevreuils captifs et collaboré au nourrissage et à l’observation de l’avifaune au sein du Parc national des Pyrénées. Il s’agissait de gypaètes barbus, d’aigles royaux et de vautours fauves.

Je suis également intervenue dans une opération de CMR (capture-marquage-recapture) par filet et un recensement de passereaux par méthode de points d’écoutes sur un territoire donné.

Enfin, j’ai eu le privilège de manipuler des rapaces, aigles des steppes et buses de Harris, et d’échanger avec un fauconnier reconnu lors d’une journée de sensibilisation au public « Chasse/Pêche/Nature/Environnement » organisée chaque année par les élèves de l’établissement.

Ensuite vous avez décidé de faire une formation avec l’IFSA.

J’avais deux choix : faire une formation de soigneur animalier dans une école spécialisée ou suivre une formation à distance avec votre école.

J’avais entendu parler de l’IFSA par d’anciens élèves du BTA. N’ayant ni revenus, ni permis à cette période là, il me paraissait difficile d’accéder à une école à l’autre bout de la France sans moyen de financer mes études.

Le fait que l’IFSA me permette d’étudier à mon rythme sans contrainte de dates fixes pour effectuer mes stages m’a semblé la meilleure option à suivre pour cumuler expérience de terrain et économies en trouvant un job entre deux stages !

Par ailleurs, je trouve que cette formule est un bon compromis pour des étudiants qui se destinent au métier de soigneur animalier, veulent élargir leurs connaissances et faire des économies en même temps. Chose impossible à faire dans le cas d’un encadrement scolaire classique !

Vous avez suivi la formation ASA option Animaux sauvages.

La formation m’a permis de compléter mes connaissances et certains cours étaient supers intéressants, même s’il y a toujours des chapitres dont on se lasse plus vite que d’autres en fonction de ses objectifs.

Il faut s’accrocher dès le début, parce qu’on est seul et que personne n’est derrière vous pour vous encadrer au niveau des devoirs. Il faut être assidu, ne pas prendre sa formation à la légère. Tout simplement trouver son rythme et être capable de s’autogérer dans son travail, ce qui n’est pas facile tous les jours. Personnellement, ma passion pour les animaux m’a constamment stimulée !

Pendant mes stages avec l’IFSA, j’ai rencontré d’autres élèves de l’école et on a beaucoup appris les uns des autres grâce à nos différentes expériences. J’ai aussi croisé beaucoup de professionnels ayant des opinions multiples, ce qui m’a permis d’élargir encore plus ma vision des choses concernant le métier de soigneur animalier. Je ne pense pas que j’aurais eu cette diversité de profils dans une école classique.

ASA animaux sauvages

Vous avez fait appel à la permanence pédagogique ?

Non, pas vraiment. Quand j’avais une difficulté de compréhension, je cherchais sur internet ou bien dans des livres. J’ai aussi utilisé le Campus Interactif de l’école, où il y a beaucoup de vidéos.

Vous avez fait plusieurs stages pendant votre formation à l’IFSA…

Ayant un but précis, je me suis concentrée sur les parcs zoologiques exclusivement. Ma première expérience a eu lieu à Toulon, au Zoo-Fauverie du Mont Faron, une des structures françaises spécialisées dans l’élevage et la reproduction de fauves. Ce premier stage m’a donné une idée concrète de l’idée que je me faisais déjà du métier de soigneur animalier.

J’aimerais me spécialiser dans les grands carnivores et les fauves. Les soigneurs du zoo avaient une façon assez incroyable de transmettre leur passion aux plus jeunes et ils s’y prenaient avec un tel plaisir que ça a été une expérience extraordinaire. J’ai même assisté à la naissance de pumas !

Et vos autres stages ?

C’était au Parc ornithologique du Pont de Gau, dans les Bouches-du-Rhône, qui est un centre de soins pour les oiseaux sauvages. J’ai pu épauler les soigneurs et apprendre les techniques de soins, faire de l’observation de l’avifaune et participer à des relâchers en nature !

J’ai beaucoup appris sur les oiseaux du littoral camarguais, ainsi que sur l’incroyable mosaïque de milieux dans lesquels ils évoluent ou sont simplement de passage…

Mais mon meilleur stage, ce fut de loin African Safari, en Haute-Garonne, car j’étais encadrée par une dresseuse passionnée pourvue d’un grand professionnalisme. De plus, elle a une façon unique de travailler et d’évoluer avec ses animaux, notamment ses otaries à crinières !

Vous y avez beaucoup appris ?

C’est durant cet apprentissage de 4 mois que je me suis le plus enrichie, professionnellement et culturellement parlant. J’ai appris à connaitre le monde du dressage, qui m’était inconnu jusque là, et à me conditionner au mieux concernant la relation homme/animal. J’ai développé un relationnel incroyable auprès des perroquets dont j’avais la charge alors que je ne pensais pas pouvoir développer et échanger de telles sensations avec des oiseaux jusqu’à ce jour !

Mon stage au Parc animalier Le Pal m’a également laissé un très bon souvenir. C’est là bas que j’ai pu évoluer et côtoyer un maximum d’espèces, en tournant dans tous les secteurs, passant des spectacles rapaces aux éléphants, puis aux carnivores ou encore aux primates sans oublier les herbivores en tous genres allant des petits maras aux imposantes girafes réticulées.

Une magnifique expérience où chaque jour est différent en fonction de l’espèce avec laquelle vous êtes amené à travailler. Et une équipe passionnée et dévouée aux stagiaires !

marion biassoto formation auxiliaire de santé animale option animaux sauvages 2

Puis vous avez fait un stage à la Maison des Loups qui s’est conclu par une offre d’emploi !

J’ai toujours été touche-à-tout et me suis toujours intéressée à tous les types d’animaux. Dans ce métier, plus vous êtes polyvalent, plus vous avez de chances d’évoluer ! Comme je vous l’ai dit, j’avoue avoir un petit faible pour le relationnel et le suivi des grands carnivores, en particulier les fauves.

Ce qui m’attire le plus dans ce métier, c’est qu’on est en constante évolution. En fonction de l’espèce avec laquelle on est amené à travailler, l’approche et le type de relationnel sont complètement différents, il n’y a jamais de routine !

Par exemple, les méthodes de « training médical » pour une panthère ne seront pas les mêmes que pour un oiseau ou un mammifère marin. C’est un métier de passion où l’on en apprend tous les jours des animaux !

J’ai donc effectué un stage de deux mois à la Maison des Loups, en Ariège. Le directeur est un homme passionné et l’équipe est très conviviale, passant parfois des heures à parler des loups sans se lasser.

J’ai été très bien formée par ma collègue actuelle et, à la fin de mon stage en mai 2013, on m’a proposé de revenir pour juillet suivant, mais cette fois en tant que soigneur animalier salarié !

Bravo, c’est un beau résultat et vous n’avez que 20 ans !

En effet, aujourd’hui j’entame ma deuxième saison en tant que soigneur à la Maison des Loup et je me vois déjà évoluer dans l’entreprise, plus le temps passe et plus on m’attribue de responsabilités ! C’est un super rapport de confiance, et j’avoue que je me rends compte depuis peu de ce qui m’est arrivé.

Surtout qu’à l’heure actuelle, les places en structures zoologiques sont chères ! Je me dis qu’après tant de persévérance et de volonté, mon rêve commence à être vécu. Les efforts commencent à payer, c’est le début d’une très longue aventure de vie, je l’espère !

Cette réussite, je la dois aussi à tous les professionnels que j’ai rencontrés et qui m’ont tant appris et ont partagé leur savoir-faire avec moi. Et puis j’ai aussi la chance d’avoir une famille qui me soutient depuis toujours dans mes démarches, et ça c’est également très important !

Parlez-nous de la Maison des Loups !

Cette structure est un petit parc de 7 hectares où évoluent 4 sous-espèces de loups en semi liberté. On y trouve des Loups d’Europe, des Loups du Canada, des Loups de Pologne et des Loups arctiques.

Chaque jour, les visiteurs ont accès à plusieurs activités pédagogiques : les nourrissages commentés, des animations à thème qui changent régulièrement, toujours axés sur une logique de sensibilisation du public à l’environnement… Ainsi que l’activité phare du parc : le tunnel de vision.

Ce dernier existe depuis 3 ans. C’est une sorte d’affût de chasseur en bois, construit à hauteur des loups, où les visiteurs ont l’opportunité de voir les animaux de très près via de grandes vitres. Ils peuvent même donner des friandises aux loups par un système de petits tuyaux : une occasion de vivre un moment privilégié, face à face, avec ce mystérieux prédateur, et tout cela en totale sécurité.

Pendant ce temps, un soigneur se charge de la pédagogie complémentaire en essayant de démystifier cette image du loup sanguinaire et en lui redonnant ses justes valeurs.

Quel y est votre rôle ?

Avec ma collègue, je fais différentes animations destinées à tous les publics. N’ayant pas d’impact direct sur la protection de l’espèce, en tant que simple soigneur de structure zoologique, mon rôle reste avant tout pédagogique, comme celui de tous les autres soigneurs.

Ma mission est de faire passer un message au public en essayant de rétablir un juste équilibre sur l’image de cet animal fascinant à qui l’on colle une mauvaise étiquette depuis toujours. Le loup est associé au mal dans la religion et au méchant personnage dans les contes pour enfants !

Il faut savoir faire la part des choses, le loup n’est ni un méchant, ni un gentil toutou, mais simplement un animal sauvage à respecter. Au final, la plus belle récompense que l’on puisse recevoir, c’est quand une personne ressort du parc et que le message délivré est passé. Arriver à changer peu à peu les mentalités…

Ce sont les remerciements des visiteurs, l’attention qu’ils ont porté à notre discours qui m’encouragent à évoluer encore plus !

Il y a aussi cette problématique de la présence du loup en France…

Lors de mes animations, je parle de la nécessité de concilier évolution du pastoralisme et présence du loup ou d’autres grands carnivores dans les Pyrénées.

L’Association FERUS, qui lutte pour le retour et le maintien des populations des grands carnivores comme l’ours ou le loup, propose de belles actions de bénévolat et des solutions de compromis entre chaque acteur du milieu, car chacun y a sa place. Par exemple, aider les bergers à mieux protéger leurs troupeaux…

Un jour, une adhérente de l’association a assisté à ma pédagogie et s’est empressée de me remercier de pousser les gens à changer et à agir. Elle était touchée que l’on puisse faire passer le message en le reliant à une association telle que FERUS.

Quels conseils donneriez-vous aux élèves de l’IFSA qui s’orientent vers ce métier ?

Il faut s’accrocher et surtout ne jamais baisser les bras ! Quand on est motivé, peu importe le temps que l’on met à atteindre son objectif. Pour faire un stage, j’ai parfois envoyé 40 demandes et reçu seulement 2 réponses 3 mois après.

S’il y a une opportunité de voyager et que vous avez la passion des animaux et un minimum de budget, il ne faut pas hésiter, ne pas se mettre de barrière, car cette opportunité ne se représentera peut-être pas deux fois ! Comme je le disais, les places sont chères et les chances pour trouver un emploi en tant que soigneur proche de chez soi sont très minces, donc il vaut mieux ne pas avoir peur du changement, des déplacements, et prendre ça comme une aventure !

Il faut également se démarquer par sa façon d’être et de travailler. Etre sociable, à l’aise au contact des gens est important car vous serez amenez à faire souvent des prestations publiques ! Les stages sont un bon moyen pour développer son aisance à parler en public, personnellement c’est ce qui m’a aidé à prendre confiance en moi.

Il faut donc une grande implication ?

Totalement ! Je n’ai pas hésité non plus à donner de mon temps en dehors des stages ou des jours de travail. Par exemple, au Parc Animalier Le Pal, j’ai pris sur ma journée de repos hebdomadaire pour participer bénévolement à une journée d’ouverture du parc dédiée aux enfants handicapés, la journée « Dreamnight ».

Enfin, il ne faut pas essayer d’être le « meilleur » pour en épater d’autres et entrer en compétition avec les autres soigneurs, ce qui peut parfois arriver dans les grandes structures… C’est d’abord un métier collectif, où chacun a à apprendre des autres, et même parfois de certains stagiaires de par leurs connaissances !

Je tiens aussi à préciser que 80 % du temps journalier chez un soigneur est consacré à l’entretien des enclos et du matériel, pas de désillusions pour ceux qui pourraient penser que l’on passe notre journée à caresser ou jouer avec nos petits protégés. C’est une fausse idée reçue sur ce métier !

En résumé le mot clé est polyvalence absolue ! Car on peut se la jouer bricoleur, électricien de temps en temps ou maçon lorsqu’il y a des bâtiments à rénover, etc. Une raison de plus d’être un peu touche à tout pour s’épanouir au quotidien !

Aujourd’hui, quels sont vos projets ?

J’apprends tous les jours des animaux, aucun jour ne se ressemble en fonction des taches à accomplir, les pédagogies ne sont jamais les mêmes en fonction du type de public, et puis chaque meute de loups a sa façon d’interagir et chaque individu possède son propre caractère, ils nous étonnent constamment !

Mon projet consiste à acquérir un maximum d’expérience dans différentes structures françaises et, par la suite, à exporter mes connaissances vers d’autres horizons afin de contribuer à des actions de suivi et de protection de la faune sauvage sur le terrain. Je souhaite avoir un impact encore plus direct sur la protection de la biodiversité.

Pas de destinations encore précises, il y a tellement d’endroits à découvrir et protéger, qu’une vie ne suffirait pas ! Peut-être bien l’Afrique du Sud, le Canada …

Merci Marion et bravo pour votre maturité et votre détermination !

Notes :

*Kevin Richardson : célèbre zoologiste sud-africain qui a conduit de nombreuses études sur les animaux sauvages. Il est aussi connu et respecté pour sa complicité avec les animaux dont il s’occupe.

**Florence Ollivet-Courtois : fille et arrière petite-fille de vétérinaires, seule vétérinaire libérale à se spécialiser dans la faune sauvage et exotique. Auteur du livre « Un éléphant dans ma salle d’attente » retraçant son parcours professionnel atypique.

Liens :

La Maison des loups : www.maisondesloups.com

Association FERUS (Ours – Loup – Lynx Conservation) : www.ferus.org

Kevin Richardson (sa réserve/bénévolat) : www.lion-park.com

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