Jean-Pierre a suivi la formation d’Auxiliaire de Santé Animale option Animaux Sauvages avec l’IFSA. A la suite de son stage, il a été embauché en CDI au poste de soigneur animalier au Zoo du Mont Faron (83).

Formation auxiliaire sante animale option animaux sauvages

Bonjour Jean-Pierre, pouvez-vous présenter ?

Bonjour ! J’ai 36 ans, je suis soigneur animalier à la Fauverie du Faron et vis dans le Var.

Quel a été votre parcours avant la formation de l’IFSA ?

Sorti d’un Bac électrotechnique, j’ai eu plusieurs métiers et travaillais dans les déchets industriels quand j’ai commencé la formation de l’IFSA. Je souhaitais me reconvertir dans l’animalier, qui est une passion depuis tout petit pour moi. J’ai fait du bénévolat dans une louverie et ai participé à plusieurs spectacles avec du loup imprégné.

Au-delà de ça, je cherchais une place en CDI. Ce qui m’a motivé pour faire la formation de l’IFSA, c’est la base de connaissances que j’allais acquérir et le fait de pouvoir faire des stages.

Votre organisation pour étudier ?

A l’époque, je cumulais trois activités : mon travail salarié, mon bénévolat à la louverie et la formation à distance !

J’étais ultra motivé et j’ai rapidement fait un stage au Zoo du Mont Faron, quelques mois après le début de la formation. Il s’est avéré que j’ai fait mes preuves : un soigneur est parti et on m’a proposé un CDI au début de l’été, peu après mon stage. J’ai accepté car la structure était en adéquation avec mes attentes, que ce soit pour la qualité de l’équipe ou les soins donnés aux animaux. Et bien sûr pour la stabilité du CDI !

Qu’est-ce qui les a convaincus ?

Ma motivation, mes connaissances, le travail fait sur le terrain… J’étais très impliqué.

Vous avez fait un deuxième stage !

Oui, deux ans après, j’ai profité de mes vacances pour faire un stage d’un mois au Parc Alpha – Les loups du Mercantour. Une amie était capacitaire là-bas, c’était une période où la structure nécessitait du renfort. J’ai souhaité la seconder et bénéficier ainsi d’une autre expérience sur le terrain.

Le Parc Alpha est une autre approche du loup. Il vit en semi liberté, ou plutôt en captivité sur des espaces plus grands, en enclos.

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Le zoo du Mont Faron est avant tout une fauverie ?

C’est un centre de reproduction des carnivores, surtout des félins. Il s’agit d’une petite structure, avec une soixantaine d’animaux, essentiellement des couples.

Le but du parc, c’est d’assurer la pérennité des espèces menacées, ce qui est le cas de toutes celles qui vivent ici : tigres, panthères, pumas, hyènes rayées, etc.

Que deviennent les animaux issus de cette reproduction ?

Les animaux sont placés dans d’autres parcs, afin qu’ils puissent avoir leur famille et des petits. Ils participent à des programmes d’élevages ex situ et in situ : dans des parcs habilités ou dans le milieu d’origine, ça dépend des espèces et des programmes.

Un animal qui a été tenu en captivité par l’être humain ne peut pas être remis en liberté, car il dépend trop de celui-ci et il y aura alors beaucoup de risques. Un animal issu de la reproduction d’un animal sauvage et d’un animal captif aura quant à lui plus de chances.

C’est la question de l’inné et de l’acquis. Ce qui est inné, un animal sauvage le possède depuis toujours, par exemple son extraordinaire instinct de chasse. Ce qui est acquis peut se perdre d’une génération à l’autre, car cela nécessite un apprentissage dans son milieu d’origine.

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Il y a donc un problème de fertilité des félins sauvages ?

Leur répartition géographique et leur effectif ne leur permettront bientôt plus d’avoir une variabilité génétique suffisante pour assurer la pérennité de leur espèce… Sur une étude moyenne du guépard en milieu sauvage, seulement 30% de leur semence est fertile. Et souvent l’accouplement de l’espèce ne fonctionne pas. En plus de multiples facteurs, dont le braconnage, ceci explique que cette espèce est menacée de disparition.

Le Zoo du Mont Faron collabore avec le CRESAM (Groupe pour la reproduction et la conservation des espèces africaines menacées), qui vient prélever la semence des mâles à la fauverie. Ils la transportent et assurent la fécondation des femelles en milieu naturel. Cela accroît la variabilité génétique et les chances de réussite pour la fécondation.

Parlez-nous de votre métier de soigneur animalier !

On est un peu l’auxiliaire de vie des animaux ! On assure le bien-être, l’alimentation, on nettoie beaucoup, on aménage le territoire ou l’enclos, on fait de l’enrichissement.

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Ici, notre politique, c’est de développer les interactions entre les soigneurs et les animaux afin d’éviter les stéréotypies de stress. L’affectif et le contact ajoutés aux enrichissements du milieu sont les meilleures occupations, en sachant que leur vie ne sera que captive. C’est ce qu’on appelle l’enrichissement social.

Et cela permet aussi d’éviter des anesthésies lors des médications ! Elles ne sont réalisées qu’en cas majeur.

Vous avez un exemple ?

Une de nos panthères avait perdu sa femelle et développé des stéréotypies, comme se ronger la queue par exemple. Je lui ai fait un « medical training », enfin plutôt un training simplifié basé sur le renforcement positif, en m’occupant d’elle et en développant entre nous une relation affective. Au bout de quelques temps, son comportement est redevenu tout à fait normal et elle s’est montrée beaucoup plus communicative avec nous.

La plupart du temps, les gens font de l’anthropomorphisme, ils pensent que les animaux ont les mêmes besoins qu’eux. De ce fait, ils croient que l‘espace est mieux pour eux. Mais qu’un animal vive en captivité sur 3 hectares ou dans un petit enclos, il s’agit toujours de captivité… Il a avant tout besoin de s’occuper ! Et le contact avec le soigneur est le meilleur atout pour éviter l’ennui. Le relationnel est le meilleur des enrichissements !

On connaît très bien nos animaux. Dès que quelque chose ne va pas, on le voit, on le sent. On prévient le vétérinaire, on gère la contention et on aide aux soins.

Vous avez d’autres missions ?

Un soigneur animalier doit être très polyvalent ! On fait aussi de la réparation, du petit bricolage, on s’occupe de la verdure. Lors des grosses affluences du public, nous mettons en place des animations. J’ai remarqué que les visiteurs préféraient qu’on réponde à leurs questions plutôt que de présenter une animation pédagogique préparée à l’avance. Tout le monde n’a pas les mêmes attentes, alors on s’adapte.

Je suis adhérent à l’Association Francophone du Soigneur Animalier (AFSA), pour laquelle j’ai fait une présentation des différentes sortes de captivité du loup. Cette association m’a permis de faire connaissance avec de nombreux collègues soigneurs animaliers et de partager beaucoup d’informations et d’idées avec eux. Il y a une vraie solidarité et des gens très sympas dans ce milieu !

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Vous êtes aussi investi pour la faune sauvage locale ?

Je suis adhérent à FERUS, l’association nationale pour la sauvegarde de l’ours, du loup et du lynx, qui fait un travail formidable pour ces espèces et qui œuvre pour qu’un jour nous puissions revoir une faune sauvage qui a toujours eu sa place sur nos terres.

Dans mon activité, je contribue à l’aspect pédagogique sur la protection de ces espèces, notamment pour le loup. Le développement de la protection des troupeaux, la communication avec les gens et le dialogue avec le pastoralisme sont essentiels pour assurer l’avenir de ces prédateurs dans la nature.

Depuis la réapparition du loup en 1992 via le Mercantour, il y a aujourd’hui 250 à 300 loups en France. On en compte 2.000 en Espagne et 1.000 en Italie. Sa présence ici soulève de nombreuses questions : comment cohabiter en harmonie alors qu’il a de moins en moins de territoires pour vivre et que les mœurs de certaines régions vont à son encontre…

Le loup a le droit de vivre à l’état sauvage, il fait partie de la chaîne alimentaire. Par exemple, on a du tuer des herbivores dans les Cévennes, car ils avaient proliféré par manque de prédateur naturel. En plus de cette logistique onéreuse, les dégâts ainsi occasionnés étaient encore plus importants.

Le territoire d’origine du loup est occupé par l’Homme et les éleveurs subissent des dommages. Il faut développer le rôle des patous, les chiens de montagne des Pyrénées, qui sont utilisés depuis le Moyen-Âge pour protéger les troupeaux des prédateurs…

Un conseil pour les élèves de l’IFSA ?

L’animalier, c’est une passion. Il faut enchaîner les stages, qui vont apporter l’expérience en parc zoologique et assurer un CV.

Et il faut persévérer… Une fois qu’on peut avoir un contrat, il n’y a plus rien d’impossible !

Merci Jean Pierre, nous vous souhaitons un grand succès pour tous vos projets !

Pour en savoir plus sur la formation IFSA: Auxiliaire de Santé Animale option Animaux sauvages

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