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 Les députés européens au secours des primates 26/09/2007

En 2006, la Commission européenne a réalisé une consultation publique sur les animaux utilisés dans des expériences scientifiques. En conclusion, plus de 80% des personnes interrogées estimaient inadmissible l’utilisation de primates à des fins expérimentales.

Le 5 septembre 2007, plus de 416 députés du Parlement européen - qui en compte 785 - ont adopté la Déclaration écrite sur l’utilisation des primates dans les expériences scientifiques (40/2007).

Dans cette proposition, les eurodéputés demande que l’interdiction de l’expérimentation sur les primates soit inscrite dans la législation communautaire. Ils profitent de l’opportunité que leur offre la Commission européenne, qui révise actuellement la Directive de 1986 sur le traitement des animaux dans les laboratoires, pour que soit prise en compte cette demande forte des citoyens européens.

  L’argumentation des députés
 Les primates sont nos proches parents
 Les primates sont en voie de disparition
 Il existe des méthodes de substitution
 Conclusion
 Liens



L’argumentation des députés

La déclaration 40/2007 reprend une argumentation initialement développée par les organisations de protection des animaux, dont One Voice, représentant français de la Coalition européenne pour l’abolition de l’expérimentation animale.

Elle mentionne  tout d’abord que "les laboratoires de l’Union européenne utilisent chaque année plus de 10 000 primates à des fins expérimentales."

Chaque année, 10 millions d’animaux sont utilisés dans les laboratoires européens. Selon les dernières statistiques fournies par l’Union européenne, qui datent de 2002, la France est le pays qui utilise les plus de primates (plus de 3 000 par an), suivie par l’Angleterre et l’Allemagne.

Les primates sont utilisés pour la recherche biomédicale (maladie d’Alzheimer, maladie de Parkinson, transplantation d’organes…) mais aussi pour les études de toxicité, qui testent la dangerosité des substances chimiques sur les humains.



Les primates sont nos proches parents

Puis la déclaration rappelle que "l’ADN de la plupart des espèces de primates est à 90% semblable à celui de l’être humain et qu’il est reconnu que les espèces de primates peuvent ressentir une grande souffrance en captivité".

Dans la sous-famille de primates que l’on appelle les hominidés, il y a les grands singes et … l’homme. Les grands singes sont les chimpanzés, les gorilles, les orangs-outans et les gibbons.

Selon l’étude d’une équipe internationale de 67 chercheurs dont le résultat est paru dans la revue Nature en février 2007, les chimpanzés partagent plus de 99 % de leur ADN avec les humains.

Les primates sont doués d’intelligence et peuvent réfléchir, car ils ont une mémoire et la capacité d’anticiper le futur. Ils ont une sensibilité et éprouvent des émotions. Ils sont également capables de vivre des expériences sociales complexes et de communiquer. Enfin, ils possèdent une conscience de soi.

Selon les statistiques officielles, aucun chimpanzé ou gorille n’a été utilisé en France dans une expérience scientifique depuis une quinzaine d’années. Pourtant, aujourd’hui, rien n’interdit à un laboratoire de pratiquer une expérimentation sur un grand singe. En Europe, la Grande Bretagne et les Pays Bas ont interdit l’utilisation des grands singes dans les expériences scientifiques.



Les primates sont en voie de disparition

Les eurodéputés précisent que, sur les 625 espèces et sous-espèces de primates, "26% sont menacées de disparition" et que "des laboratoires continuent à utiliser des primates capturés à l’état sauvage".

Effectivement, les grands singes sont victimes de la destruction de leur habitat naturel, de la chasse, des maladies (virus Ebola, pneumonie…)  et du trafic d’animaux sauvages.

Aujourd’hui on compte environ 350 000 primates sur toute la planète. Ils auront disparu vers 2050 si des mesures de protection importantes ne sont pas appliquées dans les dix ans à venir.

Les primates les plus utilisés dans l’expérimentation sont les macaques et les ouistitis. Dans les laboratoires français, on trouve des macaques (singes rhésus et singes cynomolgus), des singes verts (appelés aussi  vervets), des babouins, des ouistitis et des singes-écureuils (saïmiris).

La plupart des singes destinés aux expériences scientifiques dans l’Union européenne sont importés. Ils peuvent être directement prélevés dans la nature. C’est le cas notamment des singes verts à La Barbade, des macaques à l’île Maurice et des babouins dans divers pays d’Afrique. Ils peuvent également provenir d’élevages qui ont reçu un agrément des Etats membres. Même dans ce cas, les normes de bien-être pour les animaux édictées par l’Europe peuvent difficilement être imposées.

La Chine, qui en 2005 détenait 100 000 singes dans des fermes d’élevage, souvent dans des conditions déplorables, s’est ainsi vue retirer son accréditation de la part des Britanniques.

Sur l’île Maurice, en 2005, il y avait environ 14 000 macaques  dans les fermes d’élevage. A cette même date, l’île exportait 7 000 macaques par an (la plupart capturés par des braconniers et vendus aux fermes d’élevage), alors que la population de singes dans la nature était estimée à environ 60 000 individus. 






Il existe des méthodes de substitution

La déclaration 40/2007 insiste sur le fait "qu’en dépit des similitudes génétiques, d’importantes différences subsistent entre les humains et les autres primates et que les expériences menées sur des primates ne peuvent pas atteindre la précision d’une étude sur l’homme".

Elle précise que "la technologie et les techniques modernes offrent à présent des méthodes de remplacement qui s’avèrent plus efficaces et fiables que les expériences sur les primates".

Il est effectivement possible de remplacer les expériences sur les animaux par des méthodes de substitution en obtenant des résultats scientifiques équivalents. C’est le Centre européen pour la validation des méthodes alternatives (CEVMA) qui supervise les études de validation de ces méthodes.

Parmi celles-ci : l’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), le microdosage, la modélisation informatique et la culture de tissus ou de cellules.



Conclusion

Considérant ces différents faits, les députés demandant à la Commission, le Conseil et le Parlement européen de "mettre fin, en priorité et de toute urgence, à l’utilisation des grands singes et des singes capturés à l’état sauvage à des fins expérimentales ".

Ils suggèrent pour cela "d’établir un calendrier en vue de remplacer l’utilisation de tous les primates par d’autres solutions dans les expériences scientifiques".

One Voice ainsi que plusieurs associations françaises sont intervenues auprès des 78 députés français présents au Parlement européen pour les inciter à signer la Déclaration sur l’utilisation des primates dans les expériences scientifiques. Plus de la moitié d’entre eux l’a déjà fait.



Liens
One Voice
Coalition européenne pour mettre fin à l’Expérimentation animale


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