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L'Europe agit en faveur des animaux 31/01/2006
Le 23 janvier 2006, la Commission européenne a adopté un plan d’action destiné à renforcer et améliorer la réglementation sur le bien-être animal.
Cinq domaines d’action prioritaires en faveur de la protection animale y sont définis pour la période 2006-2010, en accord avec les avis scientifiques et les attentes de l’opinion publique. Il s’agit de :
1- renforcer les normes minimales
2- rechercher en priorité des méthodes de substitution
3- mettre en place des indicateurs standardisés
4- intensifier l’information et la communication
5- soutenir les initiatives internationales
1- Renforcer les normes minimales de bien-être animal
Des normes minimales de bien-être seront créées spécifiquement pour des espèces comme les vaches de boucherie ou laitières, les ovins, les dindes et les poissons, qui ne sont protégées à l’heure actuelle que par des directives générales. Si des règles particulières existent déjà pour quelques espèces comme les veaux, les porcins et les poules pondeuses, elles seront renforcées.
Parallèlement, la législation permettant le contrôle du respect de ces normes sera renforcée.
2- Rechercher en priorité des méthodes de substitution
Les méthodes de substitution permettent de remplacer les expériences sur les animaux par des pratiques validées scientifiquement. De plus, elles accordent une place importante au bien-être de l’animal soumis à des expériences en laboratoire.
Dans l’Union européenne, environ dix millions d’animaux sont utilisés chaque année pour l’expérimentation de médicaments et de produits toxiques.
Le plan de la Commission européenne prévoit l’établissement d’un centre scientifique européen pour la protection des animaux et la validation de méthodes de substitution à l’expérimentation animale.
3- Mise en place d’indicateurs standardisés pour le bien-être animal
La Commission considère que le bien-être animal doit être désormais envisagé "comme une discipline scientifique à part entière". Les indicateurs standardisés permettront de dire à quel niveau se situe chaque production (élevage, transport, abattage…) par rapport aux normes minimales exigées.
Actuellement, certains producteurs appliquent des normes de bien-être animal supérieures aux normes minimales. Les indicateurs permettront d’inscrire ces différences au niveau du produit, informant ainsi le consommateur des conditions de vie des animaux d’élevage.
4- Information et communication
Le plan de la Commission prévoit une formation des professionnels - qui manipulent des animaux dans leur travail - et des agents des Etats, chargés de faire respecter la législation.
Des campagnes d’information seront mises en place pour renseigner les consommateurs sur les différentes pratiques d’élevage, et les coûts et avantages de normes plus strictes en matière de bien-être animal, .
D’après d’une enquête Eurobaromètre réalisée au printemps 2005, 74% des personnes interrogées pensent pouvoir influer sur le bien-être animal par leurs choix de consommation, et 57% sont disposés à payer plus cher des produits issus de modes de production respectueux du bien-être animal (malgré le manque de visibilité de ce type de produits).
5- Soutien aux initiatives internationales en faveur du bien-être des animaux
Avec l’appui des instances compétentes, la Comission européenne tentera d’établir un consensus international sur cette question, afin que le bien-être animal soit intégré dans les accords commerciaux internationaux. Cela est déjà le cas entre l’Union européenne et des pays comme le Canada ou le Chili, par exemple.
Pour chaque domaine d’action, le plan de la Commission propose un calendrier des mesures prévues et des travaux préparatoires.
Par exemple, la proposition visant à répondre aux préoccupations de l’opinion publique sur le commerce de la fourrure de chat et de chien et des produits dérivés va être faite en 2006. En France, la commercialisation de fourrures de chiens et de chats ainsi que des produits qui en sont issus est interdite depuis le 21 janvier 2006.
La révision de la législation sur la protection des animaux lors de l’abattage ou de la mise à mort (y compris dans le cadre de plans d’éradication de zoonoses) est prévue pour 2007.
La définition de normes en matière de piégeage sans cruauté aura lieu en 2009 (pour une application en 2014).
Avec cet ambitieux programme d’action sur quatre ans, l’Europe place la protection animale au premier plan de ses préoccupations.
Lire les Actuanimos en rapport :
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