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Une faim de loup 30/05/2005
Jeudi 19 mai 2005 au matin, une nouvelle génisse - la cinquième depuis le début du mois - a été retrouvée morte dans le massif de la Chartreuse (Isère), à 40 km au nord de Grenoble. Selon les experts qui ont examiné leurs blessures, les génisses âgées de moins de six mois attaquées dernièrement seraient victimes de deux loups. Il s’agirait alors de la première attaque de loup sur des bovins depuis la disparition du prédateur en France, il y a plus de soixante ans.
Le préfet de l’Isère, qui a précédemment autorisé les agents de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) « à procéder à des mesures de rabattement et à des tirs d’effarouchement », a demandé une autorisation pour tuer le prédateur responsable de ces attaques.
Après avoir permis les tirs de fléchettes anesthésiantes, afin de capturer l’animal, le Ministère de l’Ecologie s’est prononcé en faveur de tirs à balles réelles. Ainsi, trois patrouilles de louveterie constituées chacune de quatre lieutenants armés ont entrepris une chasse au prédateur. L’une d’elle a aperçu un loup le dimanche 22 mai, mais a raté la cible qui se tenait à distance.
La FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d’Exploitants Agricoles) a donc obtenu l’ouverture d’une battue comme elle le demandait. En signe de protestation, une centaine de ses militants a perturbé le Congrès des réserves naturelles qui se tenait à Autrans (Isère). Certes les éleveurs dont le bétail a été victime de loups reçoivent des compensations financières de l’Etat (155 € par brebis), mais ils doivent faire face à un délai important et des complexités administratives qui ne les incitent pas à supporter la présence du loup.
Le WWF (Fond mondial pour la nature) et l’association Ferus (qui défend la présence en France des grands prédateurs : loup, ours et lynx) soulignent l’ambivalence des Ministères de l’Ecologie et de l’Agriculture, qui n’appliquent pas leur propre plan d’action sur le loup, et tardent à rembourser les éleveurs. De plus, ils contestent la responsabilité du loup dans les attaques sur le bétail survenues depuis le début du mois.
Selon l’association Ferus, les bergers français ont abandonné les méthodes d’élevage et de protection adaptées à la présence des grands prédateurs en France (50 à 60 loups), ce qui n’est le cas ni en Italie (500 loups) ni en Espagne (2 000 à 2 500 loups). Ferus envoie d’ailleurs des bénévoles pour aider les éleveurs qui le désirent à garder leur troupeau dans les alpages.
La préservation sur le territoire national d’une nature sauvage non dominée par l’homme est-elle encore possible ? C’est tout l’enjeu de la présence du loup en France.
Liens Site officiel du loup et des grands prédateurs en France Ferus ONCFS FNSEA WWF
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