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 Un cas de rage surgit en France 16/09/2004

Un chiot importé illégalement du Maroc est mort de la rage en août 2004. Une enquête sanitaire est menée pour retracer le parcours de l’animal en période de contagion. Des numéros d’urgence sont mis à la disposition des personnes ayant éventuellement rencontré le chiot porteur du virus.



Un chiot importé du Maroc

L’Institut Pasteur a rendu fin août un diagnostic de rage sur un chiot âgé de quatre mois. L’animal avait manifesté les premiers symptômes de la maladie le 18 août, avant de succomber le 3 jours plus tard.

Trouvé au Maroc, cet animal n’était ni identifié ni vacciné contre la rage. Il a été importé illégalement en France le 11 juillet par un homme résidant à Bordeaux (Gironde).

La Direction Départementale des Services Vétérinaires (DDSV) de la Gironde situe la période où l’animal était contagieux entre le 2 août et le 21 août 2004.



Une cellule de crise mise en place

Durant cette période de 19 jours, le propriétaire de l’animal s’est rendu à plusieurs endroits dans trois départements : Gironde, Dordogne et Lot-et-Garonne. L’animal y a joué avec quelques personnes et rencontré d’autres chiens.

Toutes les personnes ayant été en contact rapproché avec l’animal porteur du virus sont activement recherchées. Elles nécessitent un traitement préventif incluant une vaccination d’urgence. Les chiens qui présentent le risque d’être contaminés sont également recherchés.

Une cellule de crise a été mise en place à Bordeaux au 05.56.90.60.00. De même, depuis le 10 septembre, le 08.21.22.23.00 peut être contacté de 9 heures à 20 heures, 7 jours sur 7 (0,12 € la minute).



Le virus rabique

La rage est une zoonose, c’est-à-dire une maladie ou une infection qui se transmet de l’animal à l’homme, de l’homme à l’animal, et entre les animaux. Il n’y a pas de contamination entre les humains. La rage se transmet par la salive de l’animal porteur du virus, principalement un chien ou un chat errant, parfois un renard, plus rarement une chauve-souris. Inoculé par morsure, griffure, léchage au niveau d’une plaie ou d’une muqueuse, le virus va se multiplier dans l’organisme par voie nerveuse.

La durée de l’incubation (période précédant l’apparition des premiers symptômes) peut varier de 30 à 45 jours. Le virus rabique est mortel dès lors que les premiers symptômes sont apparus : inflammation cérébrale provoquant fièvre, maux de tête et vomissements, difficultés pour déglutir, agressivité ou paralysie.

Le traitement après exposition chez l’homme a été appliqué pour la première fois en 1885 sous la direction de Louis Pasteur. Le dernier cas de rage humaine en France date de 1924 et, en ce qui concerne la rage animale, le statut de « département officiellement déclaré atteint de rage » a été levé par un arrêté de 2001 sur les cinq départements concernés (Ardennes, Meurthe et Moselle, Meuse, Moselle, Bas-Rhin).

Par contre, le virus rabique est toujours présent en Afrique (Maghreb, Afrique noire, Madagascar), en Amérique du Sudet en Asie (Inde, Chine).



Mesures prises par les pouvoirs publics

Le 3 septembre 2004, un arrêté du Ministère de l’Agriculture a mis en place des mesures de lutte contre la rage. Ces mesures sont applicables dans la zone à risque (les départements de la Dordogne, de la Gironde et du Lot-et-Garonne) pour une durée minimum de six mois.

Dans cette zone, le propriétaire d’un chien qui se trouve sur la voie publique ou dans un lieu ouvert au public doit pouvoir présenter à tout moment le document attestant de l’identification de l’animal. De même pour son certificat de vaccination antirabique valablement établi et en cours de validité.

Les chiens non identifiés ou non valablement vaccinés contre la rage, doivent être tenus à l’attache ou enfermés, et ne peuvent quitter la zone à risque.

S’ils circulent sur la voie publique à l’intérieur de cette zone, c’est obligatoirement sous le contrôle direct de leur maître, et à condition d’être tenus en laisse et muselés. Les chats doivent être maintenus enfermés, même s’ils sont vaccinés contre la rage. Ils peuvent circuler dans la zone à risque en cage ou en panier fermé.

L’introduction temporaire de carnivores domestiques (chiens, chats, furets) dans la zone est interdite, à moins que ces animaux ne soient identifiés et valablement vaccinés contre la rage, ou qu’ils soient tenus en laisse et muselés pour les chiens et placés en cage ou panier fermés pour les chats.

Il est procédé à une mise en quarantaine (Gironde) ou à l’euthanasie (Dordogne, Lot-et-Garonne) des carnivores domestiques en provenance de l’un des départements cités à l’article et non identifiés admis dans les fourrières ou placés en refuge.

Enfin, tout rassemblement de carnivores domestiques, notamment les concours et expositions, sont interdits. De même que la participation des carnivores domestiques résidant dans la zone à tout rassemblement de carnivores domestiques organisé dans d’autres départements.



Conclusion

Face à la possibilité de la résurgence d’une ancienne maladie qu’on pensait maîtriser , le Ministre de la Santé a proposé de rendre obligatoire pour tous les chiens et les chats la vaccination contre la rage.La question du contrôle sanitaire aux frontières, ainsi qu’une participation à la lutte contre la rage au Maroc ont également été évoquées.

Quant au propriétaire de l’animal, le parquet de Bordeaux a ouvert contre lui une information judiciaire pour infraction au code rural. Il risque une peine de deux ans d’emprisonnement et 15.000 euros d’amende.



Liens
Ministère de l’Agriculture
Direction Générale de la Santé

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