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Zoos congelés 01/02/2005
Un projet scientifique britannique veut préserver le patrimoine génétique d’espèces en voie d’extinction. Son nom : l’Arche congelée, en référence à l’Arche de la Bible, dans laquelle Noé fit entrer un couple de toutes les espèces animales pour les sauver du déluge.
A San Diego (Californie, Etats-Unis), un Zoo congelé associe les techniques du clonage à la congélation de l’ADN. Pour pouvoir, un jour, redonner vie à des espèces disparues. La congélation scientifique serait-elle la clef pour préserver la biodiversité ?
Sauvegarder l’ADN
Le projet d'une équipe scientifique de l’université d’Oxford (Angleterre) nommé l'Arche congelée consiste à prélever l’ADN (le code génétique) et des tissus de milliers d’espèces animales en voie d’extinction.
L’ADN et les tissus sont ensuite conservés à des températures extrêmement basses, dans des laboratoires comme celui du Musée d’Histoire Naturelle de Londres, un des promoteurs du projet. L’ADN peut ainsi être étudié par les scientifiques.
Cela signifie que si l’espèce venait à disparaître, son clone pourrait être créé à partir de son ADN, puis réintroduit dans la nature. L’espèce "ressusciterait".
Archéologue du gène
Directeur du Centre de Biomolécules Anciennes de l’Université d’Oxford, le professeur Alan Cooper est un des auteurs du projet de l’Arche congelée. Il travaille sur l’ADN ancien, un peu à la manière d’un archéologue.
Il a ainsi étudié le génome (patrimoine génétique) du Dodo, un oiseau qui vivait sur l’Ile Maurice (Océan Indien) et disparut à la fin du 18ème siècle.
En extrayant des fragments de l’ADN d’un Dodo à partir d’un os conservé au British Museum, à Londres, il a pu retracer l’histoire biologique de l’animal disparu depuis trois siècles.
Extinction des espèces
Dix mille espèces animales sont aujourd’hui vouées à l’extinction. Il est très difficile de mesurer les conséquences de ces disparitions pour l’écosystème, car l’extinction d’une espèce a des répercussions sur plusieurs autres.
On estimé que 24% des espèces de mammifères (1130 espèces) et 12% des espèces d’oiseaux (1183 espèces) disparaîtront définitivement dans les trente prochaines années.
Actuellement, en France, des espèces telles que le Vison européen, le Cerf rouge corse, le Chamois de la Chartreuse, l’Ecureuil roux et la Vipère d’Orsini sont menacés d’extinction.
Au niveau international, le Tigre d’Asie, l’Eléphant d’Asie, l’Eléphant d’Afrique, le Requin blanc, le Crocodile du Nil, le Rhinocéros blanc, le petit Rorqual sont parmi de nombreuses autres espèces en voie de disparition.
En juillet 2004, l’Arche congelée a accueilli l’antilope Oryx (Sahara), la Colombe de Socorro (Mexique), et l’Hippocampe jaune (Philippines). Aux Etats-Unis, il existe un projet comparable depuis un quart de siècle : le Zoo congelé de San Diego.
Zoo congelé
Le projet nommé Zoo congelé est mené depuis 25 ans par le zoo de San Diego. Des semences, ovules, embryons, sang, extraits d’ADN et tissus d’espèces menacées d’extinction y sont conservés.
Des échantillons de Panda géant, Condor de Californie, Guépard, Iguane bleu et de bien d’autres espèces y sont stockés dans du liquide nitrogène à moins 196 degrés Celsius.
L’espèce du Banteng, buffle sauvage appelé bœuf de Bali, ne compte plus que 8.000 représentants dans le monde. Dans le cadre du projet Zoo congelé, une société spécialisée dans le clonage, ACT (Advanced Cell Technology), a introduit de l’ADN de Banteng dans les ovules d’une trentaine de vaches. Six Bantengs devraient naître de cette opération.
S’ils sont en bonne santé, ce qui est difficilement le cas avec les sujets issus du clonage, ils seront soumis à un programme d’observation. Par exemple, leur comportement vis-à-vis de leurs congénères sera étudié lors d’une introduction auprès de Bantengs non clonés déjà présents au zoo de San Diego.
Conclusion
Le clonage d’espèces déjà disparues n’est pas possible parce qu’il n’y a pas d’échantillon en bon état de ces espèces. De plus, au-delà de cette impossibilité matérielle, une question éthique se pose. La science a t-elle le droit de faire réapparaître des espèces disparues ?
Mais si la solution consiste à préserver les milieux naturels des animaux sauvages, et à les protéger dans leur environnement, la conservation des gènes dans des laboratoires paraît une des pistes à suivre pour préserver la biodiversité.
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