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 Le retour du loup 22/11/2004

Disparu depuis 1939, le loup est réapparu en 1992 dans les Alpes françaises.

Au XVIIIème siècle, il occupait près de 90% du territoire français. La forte présence humaine dans les secteurs ruraux au XIXème siècle précipite le déclin de l'espèce, encouragé par les différentes battues, pièges ou fosses à loup.

Au début des années 70, on ne compte plus qu'une centaine d'individus en Italie, contraints de se nourrir dans les décharges municipales ou en attaquant le bétail. Depuis 1976, le loup est protégé en Italie et ne cesse de progresser dans tout le territoire. Il franchit la frontière française au début des années 90 et s'installe dans le parc national du Mercantour et les Alpes Françaises.

Différentes analyses génétiques assurent l'origine italienne de ces loups venus vivre dans différentes régions françaises. D'après l'ONCFS (l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage), on recense aujourd'hui environ une soixantaine d'individus répartis en onze meutes : quatre dans le Mercantour, une dans les Alpes-de-Haute-Provence (haut Verdon), trois dans les Hautes-Alpes (Queyras, Béal-Traversier, Clarée), une dans le Vercors, une dans le massif du Taillefer (Oisans) et une en Belledonne. On a aussi repéré des loups dans le Puy-de-Dôme, le Cantal, les Pyrénées Orientales et dans l'Ain depuis peu.

Le loup des Alpes est plutôt de petite taille, le poids moyen d'un adulte varie entre 25 et 35 kg (contre 40 kg dans les pays de l'Est et 70 à 80 kg en Arctique). Morphologiquement, il a un masque facial marqué et un liseré noir sur le devant des pattes, ainsi que des coussinets jointifs sur le devant des pattes antérieures.

Il est doté d'une importante faculté d'adaptation qui lui permet d'occuper et de parcourir des milieux forts divers, en plaine comme en montagne. Il peut parcourir de grandes distances avec une vitesse de déplacement d'environ 45 km/h ; il est excellent nageur et chasseur grâce à un odorat et une ouïe exceptionnels et dispose d'une bonne vision nocturne.

Le retour du loup constitue un enrichissement du patrimoine en matière de diversité de la faune. Cependant, sa présence pose des problèmes spécifiques de gestion pour l'activité pastorale, liés au contexte de la tradition de l'élevage ovin français, comme la transhumance en montagne.

De plus, de nombreux éleveurs sont victimes des ravages causés par le loup, certains restant nuit et jour auprès de leurs troupeaux, ou ayant décidé d'assurer leur « autodéfense ».

Comme de nombreuses autres espèces, le loup est protégé par les dispositions de la Convention de Berne du 19 septembre 1979, relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l'Europe et par celles de la directive européenne 92/43/CEE du 21 mai 1992 relative à la conservation des habitats naturels ainsi que de la flore et de la faune sauvages, dénommée Directive Habitats .

La convention de Berne et la Directive européenne Habitats n'autorisent le tir du loup « qu' à condition qu'il n'existe pas d'autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas au maintien de l'espèce dans un état de conservation favorable ».

Rappel Historique

Novembre 2002 : l'Assemblée Nationale désigne une Commission d'enquête parlementaire afin de définir «les conditions de la présence du loup en France et l'exercice du pastoralisme dans les zones de montagne».

19 juillet 2004   : le Ministère de l'Ecologie révèle les objectifs du nouveau «  plan loup  » :

1- autoriser le tir contrôlé par des gardes assermentés de 4 loups (ou 3 si les premiers loups tués sont des femelles) pour l'année en cours, en cas d'attaques répétées dans trois départements des Alpes du Sud : les Alpes-de-haute-Provence, les Hautes-Alpes et les Alpes-Maritimes.

2- mieux indemniser les éleveurs et accentuer la prévention en développant les mesures de protection.

Dans ce cadre, les préfets des Alpes de Haute Provence, des Hautes-Alpes et des Alpes-Maritimes ont pris des arrêtés en vue de mettre en £uvre localement le dispositif prévu par l'arrêté interministériel.

20 août 2004  : l'ultimatum lancé au gouvernement par les 10 fédérations départementales des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de l'arc alpin a expiré. Depuis cette date, les éleveurs assurent leur autodéfense.

27 août 2004  : le Ministre de l'Agriculture, Hervé Gaymard, demande au ministre de l'Ecologie, Serge Lepeltier, d'étendre cette mesure concernant l'abattage des loups aux départements des Alpes du Nord.

21 octobre 2004  : une louve de 18 mois a été abattue dans la Drôme, au c£ur du massif du Vercors, par un agent de l'Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage.

Cet abattage est jugé scandaleux par différentes associations de défense des animaux. L'ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages) a décidé de «  rechercher, devant les tribunaux, la responsabilité du préfet et du fonctionnaire qui a tiré sur la louve  ».

8 novembre 2004  : une grande manifestation est organisée à Paris et dans plusieurs villes de France où différentes organisations pour la défense des animaux se sont regroupées afin de faire connaître leur mécontentement au gouvernement, concernant l'abattage des loups et de Cannelle, la dernière ourse pyrénéenne.

Les écologistes ont déposés une couronne de fleurs dédiée « à nos amis les loups », tout en réclamant une politique plus vigoureuse en ce qui concerne la réintroduction de l'ours en France.

Détails du plan d'action gouvernemental

Le nouveau plan d'action sur le loup mis en place par les Ministères de l'Ecologie et de l'Agriculture, avec le concours financier de l'Europe, prévoit des mesures de protection des troupeaux (chiens de garde appelés « patous », rassemblement des troupeaux dans des parcs de nuit, embauche d'aides-bergers.

Ce plan vise à  :

•  garantir un état de conservation favorable du loup, c'est-à-dire le maintien de sa population dans un état démographique et une distribution géographique en accord avec les critères définis par la directive Habitats,

•  réduire les dommages par la mise en place de moyens efficaces de prévention contre la prédation chez les éleveurs dont les troupeaux y sont confrontés,

•  la recherche et la mise place de méthodes de gestion plus économes en moyens humains et financiers, notamment par l'harmonisation de la gestion des grands prédateurs,

Au terme de ce plan, ce seront 1500 troupeaux qu'il faudra protéger, selon les spécialistes de l'INRA (Institut National de la Recherche Agronomique).

LES ASSOCIATIONS

Les associations pour la sauvegarde de la nature et des animaux sauvages comme FERUS, WWF et France Nature Environnement dénoncent l'autorisation des tirs, jugée trop précoce. Elles saluent en revanche le débat public mené autour d'un animal qualifié par le ministre «  d'enrichissement du patrimoine naturel français  ».

FERUS, association fondée en 1993 qui a pour objectif la cohabitation entre les loups et les habitants des montagnes a mis en place un programme baptisé Pastoraloup (1999).

Il a pour objectif d'apporter une aide concrète aux éleveurs et aux bergers, en encourageant la rencontre de ces mondes traditionnellement opposés.

Ainsi, les « écovolontaires » participent à différentes opérations d'initiation à la vie pastorale. L'aide est technique (soulagement d'un surcroît de travail dû à la présence du loup) et psychologique (isolement et solitude des éleveurs).

La devise de FERUS : «  pour aider les loups, aidons les bergers !  »

L'association ASPAS condamne sans réserve la décision gouvernementale et fait savoir son intention de saisir le tribunal compétent.

UNE SOLUTION EFFICACE : LE CHIEN DE PROTECTION

Le chien de protection, le patou , est un chien à l'utilisation et à l'éducation très particulières, unique dans le monde du chien de travail.

Placé au milieu d'un troupeau dès son plus jeune âge, il le préserve des attaques des différents prédateurs.

Face à eux, le patou crée un périmètre de sécurité autour des bêtes, puis harcèle le prédateur tout en aboyant pour prévenir le berger. Face à un chien si imposant, un prédateur hésitera à courir le risque d'être blessé et préférera souvent battre en retraite, en quête de proies plus faciles.



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